Dédié à la navigation sur l’eau et sous l’eau, le semi-submersible Platypus est entré en phase de test après plusieurs années de R&D, sous la houlette d’un passionné de plongée.

Créer un objet flottant de 5 mètres de long pour transporter 5 personnes en plongée sous-marine, c’est possible, souhaite prouver le créateur du Platypus Craft, François-Alexandre Bertrand. Cet ancien consultant, aujourd’hui directeur commercial dans l’événementiel, a pour projet, depuis sept ans, de lancer un semi-submersible permettant d’explorer les fonds marins sans pour autant subir les contraintes d’un sous-marin.

Grâce à deux moteurs (essence ou électrique), l’engin est en mesure d’atteindre une vitesse de 14 nœuds en navigation de surface, limitée à 3 nœuds en mode plongée. La conduite se rapproche de celle d’un jet-ski. Des phases de test ont lieu, grâce à une version finale qui vient d’être mise au point avec l’architecte naval VDLP. Interview.

Quel constat vous a incité à lancer le Platypus?

François-Alexandre Bertrand — Je viens du monde du conseil, et je suis parti en Australie pour un break, où j’ai passé des diplômes de plongées sous-marine. J’ai vu plein de bateaux en surface, plein de plongeurs sous-marins, et puis entre les deux… rien ! On se retrouvait entre plongeurs et surfeurs, et nous nous rendions compte qu’on avait vu la même chose ! Je me suis dit qu’il fallait un moyen de survoler les fonds marins. Le problème des engins existants est d’enfermer leurs utilisateurs dans une bulle, et de ne pas être au contact de l’eau. Quand je suis rentré d’Australie, j’ai poursuivi le consulting en freelance, et depuis cinq ans je poursuis le projet Platypus Craft parallèlement à mon activité professionnelle.

Comment avez-vous pris en compte les retours d’expérience des nombreux objets flottants testés depuis de nombreuses années?

Nous avons regardé les bateaux, les motorisations électriques, les jet-skis, les sous-marins de poche des milliardaires,  les sous-marins des commandos de marine, les scooters sous-marins etc… Ainsi que quelques semi submersibles déjà existants. Résultat: il n’existe pas de “vrai” bateau permettant de naviguer sous l’eau en pleine eau pour jouir au mieux de l’environnement marin.

Quelles ont été les étapes du projet entre l’idée initiale et la conception du prototype?

Le brevet a été déposé en 2009. Un architecte naval a rejoint l’aventure en 2010 pour initier les phases d’étude préalables, aavnt le recours aux premiers prestataires techniques en 2011. En 2012, la construction du prototype a été lancée grâce à un prêt financier, suivie de premiers essais en surface Une levée de fonds de 220 K€ a eu lieu en 2013 auprès de Kima et des associés de showroomprive.com. Le prototype, devenu opérationnel, a été testé sous l’eau. Les brevets européens ont été validés en 2015, des essais ont eu lieu à Porquerolles, et j’ai obtenu le prix Tremplin entreprise au Sénat.

Quels sont les enjeux du redémarrage du projet cette année?

2016 est vraiment l’année du redémarrage avec un partenariat industriel avec CDO Innov. L’engin est déjà pré commercialisé sous forme de pré-commandes (9 à ce jour) en version loisirs. Il s’agit d’un beau projet business, avec des débouchés quasiment sans limites. Nous souhaitons réaliser « l’éboueur des mers » : il est possible de collecter les plastiques dans la mer (déchets sur l’eau, sous l’eau ou au fond des eaux), la pollution au plastique étant un enjeu majeur pour l’environnement. Or, CDO Innov dispose d’une gamme de produits avec des pompes : les synergies sont fortes. Il y a aussi des secteurs de niche : les personnes tétraplégiques pourront descendre sous l’eau ; la maintenance sous-marine serait possible… Des essais ont lieu à Saint-Tropez.

Quelles sont les prochaines étapes à franchir?

Il faut réussir une levée de fonds conséquente pour déployer l’ensemble du projet qui ne se limite pas -loin de là- à un engin de loisirs. Le développement d’autres versions (B2B, environnementale, défense, scientifique, luxe etc…) est aussi à prévoir : le concept offre de nombreuses perspectives ; l’objectif est d’en développer une partie en propre une autre avec des partenaires industriels et financiers reconnus. L’engin sera vendu à un prix allant de 60.000 euros à 150.000 euros selon ses versions.

 

Source : Business Marché